mercredi 14 décembre 2011

Recouper, transcender, regrouper, jauger, se faire un avis, se perdre, finalement trouver un équilibre

 Un article de 2009 dans Nature refait surface dans une chaine email.
Il semble qu'aujourd'hui ce qui compte c'est le nombre de fois qu'une information est vue, pas forcément son fondement. L'auteur est un scientifique brillant en microbiologie et la revue en question ne peut pas être remise en cause, vu ses lettres de noblesses.
Ainsi, l'information est recoupée (ou plutot repompée) dans différentes formes, et sous différents supports (blog, forum, questions etc...). Il n'y a en réalité qu'un texte qui circule, c'est l'article du Canard enchainé publié à la base de cet article.

C'est assez inhabituel, mais la question éditoriale dans Nature (ce n'est donc pas un "article") présente le questionnement d'un spécialiste de la flore virale et bactérienne humaine qui s'interroge sur les raisons de l'obésité de nos jours. Il semble pointer les probiotiques présents dans notre alimentation au motifs que ces derniers utilisés en alimentation animale sont utilisés pour améliorer la digestibilité des fibres alimentaires végétales. Cependant, comparaison n'est pas forcément raison. Il est en effet interpellé par 3 auteurs, l'un est directeur du centre européen de recherche métagénomique sur le microbiome humain (comprenez "toutes les bactéries, bonnes et mauvaises de notre intestin"), les seconds issus de l'UCL en Belgique spécialisés sur le métabolisme intestinal et du Lawson Health institute en Ontario. Ils insistent dans leur réponse pour dire que l'assertion scientifique est infondée et qu'en vertu des postulats de Koch, similitude ne signifie pas exactitude.
D'abord, les poulets qui sont montrés du doigt parce qu'il grandissent plus vite ne produisent que du muscle, pas de gras. Ensuite, aux EUA, population la plus obèse du monde, la consommation de yahourt enrichis est extrêmement faible. Enfin, l'hypothèse du Pr. Raoult, si elle peut être envisagée propose une solution directe et subjective à une problématique non évaluée, donc peu scientifique.

Retenons pour faire court que s'il est vrai que les allégations de santé sur ces produits sont un peu surfaites, elles le sont probablement autant que les allégations d'effets malsains type obésité.

C'est un peu paradoxal que nous scientifiques rejetons souvent l'hypothèse "homéopathique" (Simile similibus curantur), de guérir en appliquant un remède provoquant des symptomes similaires, mais en petite dose. Et pourtant, bien souvent, la moindre petite preuve nous semble une évidence divine, acceptable et transférable, in illico tempore.

Vive la science!

Voici quelques échanges sur le net piochés dans Google :
http://www.laprovence.com/article/sante/les-yaourts-font-ils-grossir
http://www.bravolapetitefleur.com/2008/12/10/non-le-yaourt-ne-rend-pas-obese/
http://www.centpapiers.com/les-voix-du-panda-et-les-faux-laitages/21766
http://amapbelledemai.blogspot.com/2009/10/les-yaourts-feraient-ils-grossir.html
http://www.hoaxbuster.com/comment/764
http://forums.futura-sciences.com/debats-scientifiques/347339-probiotiques-obesite.html
http://voixdupeuple.wordpress.com/2010/06/30/le-pave-dans-le-pot-de-yaourt/
http://www.liberation.fr/economie/0101630540-danone-le-boniment-des-alicaments
http://questions.conversations.danoneetvous.com/feedbacks/54585-yaourts-et-obesite
http://leblog.danoneetvous.com/feedbacks/53109-activia-et-actimel-le-point-sur-les-differents-debats
http://forsv.frbb.net/t2042-yaourt-pour-garder-la-ligne-oui-mais-laquelle
http://tpe-obesite-microbiote.over-blog.com/article-didier-raoult-probiotics-and-obesity-a-link-43412115.html


Réponse à Mr. Raoult dans nature









lundi 12 décembre 2011

Effet de serre, serre moi plus fort

Je m'interroge toujours sur la prise en compte de la biomasse végétale consommée par le bétail dans l'équation climatique. J'ai beau cherché dans le rapport ci dessous, je n'y vois aucune évaluation de cette consommation... Comment ignorer l'amendement des sols, la consommation annuelle de biomasse (18-19kg de matière sèche par jour pour une vache laitière moderne soit 7.5t par lactation). En outre, les fumures issues du grand bétail représentent l'essentiel des amendements azotés naturels occidentaux.
Je cherche les réponses car j'ai du mal à saisir l'équation, car enfin, même si on admet une neutralité de la production végétale, les animaux ne mangent pas les racines. La plupart des travaux d'économie du carbone montrent que les écosystèmes prairies sont des puits de carbones pour peu qu'ils ne soient pas trop pauvres en C au départ. Ce paturage régulier augmente le stockage indirect du carbone.
N'est ce pas là notre seul alternative efficace? -0.5 à -1t CO2/Ha/an de bilan, qui peut faire mieux avec les moyens humains et rentable?
Personne ne mange les arbres à ma connaissance, or les forêts sont la seule alternative au stockage, à notre disposition.
Il n'y aura pas de solution miracle, entretenons donc nos petites solutions à nos échelles :
Nourrir le bétail à l'herbe et aux plantes fourragères à haut-rendement.
Replantons la forêts sur les terres inutilisées, après un passage en prairie.





http://www.epa.gov/climatechange/emissions/downloads/US-GHG-Inventory-2010-Annexes.pdf



jeudi 29 septembre 2011

Controverse... donc moi un dernier verre... de terre

Le Laboureur et La Mort
Redisons le une bonne fois chers amis novices de l'agriculture :
Non, le blanc bleu belge n'est pas piqué aux hormones, il s'agit d'une race naturellement plus musclée, et sélectionnée sur ce critère, comme une vache à lait sur la production de lait. Non, les agriculteurs ne se gavent pas de primes européennes, ces dernières assurent juste que votre cadis moyen en fin de mois ne pèse pas le double dans votre budget. Oui, c'est mieux de supporter les circuits courts, et non ça ne sera pas une solution pour les gens qui n'ont pas de bagnole.
Oui les animaux représente une part importante de l'effet de serre, mais aussi votre alimentation, et non le soja sudaméricain n'est pas une solution à la faim dans le monde, même si on aime pas la viande ou le lait. Cette culture est la source du pire esclavagisme moderne, pensez y avant de boire un litre de lait de soja au lieu de lait de vache.
Question : si les animaux n'étaient pas élevés, que pensez vous qu'il y aurait dans toutes ces prairies qui font nos paysages wallons?
Question : Qui coûte moins cher en effet Carbone? Un litre de lait de soja ou un litre de lait produit avec de l'herbe du pays de Herve, elle même puits de carbone?

Bref, écouter moins la télé ne rends pas moins con si on ne va pas rencontrer les gens qui tourne cette terre pour nous nourrir...
Posez vous cette question : Combien coûtera notre panier de course lorsqu'il n'y aura plus d'animaux d'élevage et d'agriculteurs en Europe ou en Belgique?

jeudi 7 avril 2011

Démocrazy

Petite comparaison entre démocraties :

- Etats-Unis - 300 millions d'habitants, 100 sénateurs et 435 représentants

- France - 60 millions d'habitants, 350 sénateurs et 577 députés.

- Belgique presque 11 Millions d'habitants :
L'assemblée plénière du Sénat (au complet) compte 71 sénateurs,
dont 40 sénateurs élus directs, 21 sénateurs désignés par les parlements de communauté et 10 sénateurs cooptés. Il faut y ajouter les sénateurs de droit. Actuellement, S.A.R. le prince Philippe, S.A.R. la princesse Astrid et S.A.R. le prince Laurent ont prêté serment en tant que sénateur de droit.

Parlement fédéral : Députés actuels - 150 membres
Parlement Régional Flamand : 124 membres
Parlement Régional Wallon : 75 membres
Parlement régional Bruxellois : 89 membres
Parlement du la communauté germanophone : 25 membres
Parlement de la communauté francophone : 72 membres

= 535 parlementaires

Je me sens mieux défendu et écouté du coup!

mardi 1 mars 2011

Législation vétérinaire du médicament



Pas facile de soigner nos vaches!

Le marasme législatif ambiant est complexe concernant l'utilisation du médicament chez les espèce destinées à la production alimentaire. Aussi, je me suis fait une petite fiche :

Texte fondamental 470/2009
qui remplace le 2377/90 et ses 4 annexes

1. LMR décrite
2. Pas besoin de LMR
3. LMR temporaire
4. Interdits

par 2 annexes

1. LMR décrite ou réputée non obligatoire
2. Substance interdites

Annexe des médicaments 2010 (à mettre à jour)


Le site de l'EMA-vétérinaire (pas toujours à jour...) organisme européen équivalent de l'AFMPS nationale


L'AFMPS
http://www.fagg-afmps.be/fr/veterinaire/

lundi 10 janvier 2011

Sélénium et Insuline



Dans le cadre de recherches documentaires effectuées avec les critères "Sélénium AND Insuline" (Pubmed, ISIwok ou Googlescholar), la littérature renvoie à de riches expériences menant aux conclusions suivantes :

1) Le sélénium comme la vitamine E sont des activateurs de la synthèse d'insuline par les ilots Béta. Une carence sévère de l'un ou de l'autre ou des deux entraine une hyposécrétion d'insuline
Asayama K, Kooy NW, Burr IM. Effect of vitamin E deficiency and selenium deficiency on insulin secretory reserve and free radical scavenging systems in islets: decrease of islet manganosuperoxide dismutase. J Lab Clin Med. 1986 May;107(5):459-64.
2) Le sélénium est une molécule insulino-mimétique au niveau du tissus adipeux, son absence se traduit par une diminution de l'activité de l'insuline sur la Betaoxydation des acides gras.
Emma Heart,Chin K. Sung PhD Insulin-like and non-insulin-like selenium actions in 3T3-L1 adipocytes Journal of Cellular Biochemistry Volume 88, Issue 4, pages 719–731, 1 March 2003

SI l'on rajoute à ce faisceau de présomption les connaissances acquises en médecine bovine qui mettent en évidence que :
-La carence en Se se traduit par un syndrome du veau mou ou un syndrome d'immaturité pulmonaire (SDRA) ou une macroglossie ou des myopathie de la langue, des muscles rachidiens et du myocarde
-Parfois cette carence a tendance à prendre toutes ces formes ou en associations
-En outre cette carence entrave l'absorption active des IgG au niveau intestinal dans les 1ères heures de vie.

Il est clair que tant sur le plan fonctionnel (Têtée/musculaire/pulmonaire), qu'immunitaire (transfert IgG/efficacité des PMN) et métabolique (glycémie/insulinémie), cette carence peut répondre à un ensemble de syndromes associés à des difficultés de "démarrage" des veaux hyper-viandeux.

Pour en savoir plus sur les effets insulino-mimétiques : http://www.springerlink.com/content/j2twjx0tbfnrhagl/

mercredi 20 octobre 2010

La démocratie de celui qui crie le plus fort...

En réponse à un commentaire sur le billet
http://recteur.blogs.ulg.ac.be/?p=542

Chère Katia de Halleux,

Mon métier et ma conviction profonde sont la pratique de l'art vétérinaire et humblement son enseignement. J'ai le bonheur de les pratiquer au sein de l'université, dans un poste d'assistant en clinique des ruminants.
Je suis très triste de la tournure que prennent les évènements, mais je n'ai pas peur de l'avenir, ni honte de mes choix.

Nous enseignons tous les jours, à une foule d'étudiants toujours plus nombreuse, que semble oublier nos patrons au sein de cette institution. Nous tentons à chaque jour en clinique d'impliquer les étudiants dans ce métier passionnant et prenant qu'est la pratique d'une médecine teintée de science et de bon sens. A la frontière entre ces deux monde né l'Art, comme on nous appelle encore dans certaines campagnes wallonnes : "l'artiss'".

Si j'ai dit que la vie parascolaire pouvait-être discriminante, je le pensais, mais à la mesure qu'il y a de la différence entre un jeune scout et un autre qui ne connaitrait pas les mouvements de jeunesse. L'aspect festif des folklores estudiantins, ce incluant le baptême vétérinaire, est dense et parfois dur à suivre tant la fête y est intense, il n'en reste pas moins restreint à la sphère privée après un choix strictement personnel. A ma connaissance, on ne donne pas cours à 3h du matin dans le Carré autour de quelques chopesss ;) .

Il est clair que toute cette pagaille doit probablement t'inquiéter, mais rassure toi, il y a bien plus d'étudiants sincèrement fiers et heureux de leur formation au royaume de Belgique car la faculté de médecine vétérinaire est encore la seule école francophone en Europe ouverte à tous, sans discrimination à l'entrée. Ce qui n'est pas sans mal puisque le nombre d'étudiants y est désormais trop grand. Ce sont des études néanmoins difficiles, et certains d'entre nous ont choisi le folklore pour passer cette vie d'étudiant!

Nous faisons donc tout notre possible pour enseigner cette médecine pluridisciplinaire et riche de plusieurs espèces. Je ne suis pas moins fier de mon choix folklorique, cependant je pense que il y a beaucoup plus grave dans la vie que cette excitation dont certains semblent faire le centre de leurs préoccupations.

L'actualité est riche de sujets passionnants à débattre, et je suis convaincu que nous devons discuter de ce problème de sensation de discrimination ou de propos offensants. Cependant, il convient vraiment de savoir s'il est fondé, et si il a l'impact que l'on dit sur ces études.

Sincèrement, nous sommes quelques générations d'étudiants à avoir souhaité changer le cours de nos études et l'avenir de notre métier, cela ne nous a pas empêché de bien rire et de partager la découverte d'un folklore étudiant. Et personnellement, je considère qu'il n'y a pas de différence au niveau du boulot entre les étudiants folkloristes ou pas. C'est une autre sphère, riche certes, mais différente. Avec des règles, rigolotes ou absurdes, que chaque faculté ou école dotée d'un folklore partage plus ou moins, tout en étant certaine qu'elle dominera le monde de la guindaille l'année prochaine!

A toi de vivre ton expérience de ces études, et de vivre ta passion pour la médecine des animaux. Pour ce qui concerne le reste (la futilité potache et les apprentissages de la vie extra-universitaire) ne laisse personne, si enfiévré par la haine soit-il, te dicter ta conduite pour le choix de ta vie étudiante.

Bien à toi!